sophrologue-strasbourg

Les débuts de la sophrologie  

Alfonso Caycedo, né à Bogota en 1932, fait ses études universitaires de neuropsychiatre à Madrid. Parce qu’il est sceptique sur les techniques parfois violentes utilisées dans certaines pathologies comme les électrochocs ou les comas insuliniques, il commence à s’intéresser aux états de conscience modifiés et à l’hypnose.

En 1960 il crée la Société Espagnole d’Hypnose Clinique et Expérimentale. Il s’aperçoit alors que les phénomènes observés en étudiant les modifications de conscience pendant l’hypnose, ne correspondent pas à ceux que la théorie avance. De plus, l’hypnose est auréolée de connotations spectaculaires voire occultes. Il change rapidement l’appellation de ce qu’il nomme maintenant sophrologie médicale.

En 1963, Caycedo commence à travailler avec Binswanger*, disciple de Heidegger et Husserl, dans son sanatorium en Suisse sur les bords du Lac de Constance à Kreuzlingen.

Binswanger est le père de la psychiatrie phénoménologique. Cette période permettra à Caycedo de se familiariser avec la phénoménologie, science des phénomènes, c’est-à-dire la science des vécus. C’est à ce moment qu’il posera les fondements qui font de la sophrologie une science.

C’est à cette époque qu’il est contacté par le Dr. Raymond Abrezol, stomatologue à Genève, qui avait assisté à des interventions chirurgicales sous anesthésie sophronique en Espagne. Il devint son élève, puis, convaincu de l’intérêt de la sophrologie, sera chargé par Caycedo de prodiguer la sophrologie en Suisse.

Il est à noter que de nos jours, la sophrologie est enseignée et utilisée par le cercle médical, notamment les dentistes et stomatologues qui ont cerné les bienfaits de la sophrologie dans leur pratique et le confort de leurs patients.

Ce mouvement est particulièrement dynamique en France avec le Docteur Jean-Pierre Hubert, élève, collaborateur et ami de Caycedo, et avec le Cercle Lariboisière à Paris sous l’impulsion du Dr. Chercheve, chef du service Implantologie avec la pratique de l’hypno-sophrologie en chirurgie odonto-faciale.

Ensemble, ils fondent en 1967 la Société Française de Recherche et d’Applications Sophrologiques (SOFRAS), et participent, avec le Dr. Abrezol, à la diffusion de la sophrologie en France.

Encouragé par Binswanger, Caycedo continue ses recherches ; il s’intéresse à l’Orient et ses connaissances millénaires sur les modifications de conscience, grâce à la pratique de postures, d’exercices respiratoires et de méditation.

L’épouse de Caycedo, Colette, rencontrée chez Binswanger, pratiquait le yoga et Caycedo observa, à travers sa pratique, les postures du corps ayant un effet direct sur les niveaux de conscience.

De 1965 à 1968, il voyage en Inde, au Tibet et au Japon. Il approfondit ses connaissances et étudia sur place l’approche orientale des modifications de la conscience. Pendant qu’il s’initie au yoga, au bouddhisme tibétain et au zen japonais, il expérimente une autre approche de la conscience.

Ces différentes pratiques lui donnèrent les bases pour élaborer sa méthode de relaxation dynamique lorsqu’il rentra en Europe.

A Barcelone, il exerce en tant que professeur de psychiatrie à la Faculté de Médecine. Il continue de travailler, expérimenter et diffuser toujours plus largement la sophrologie.

 



En 1970 : 1er congrès mondial à Barcelone sur la sophrologie, médecine d’Orient et d’Occident. Les yogis et moines zen invités à cette occasion saluent la naissance de la sophrologie qu’ils qualifient de « yoga occidental ».

En 1972 : Symposium européen à Madrid et publication du dictionnaire abrégé de la sophrologie et la relaxation dynamique, qui dote cette nouvelle science d’un vocabulaire qui lui est propre.

S'ensuivent ensuite des années d’expérimentation universitaire et de diffusion par la tenue d'événements européens ou mondiaux.

En 1977, le troisième congrès mondial de sophrologie au Brésil à Recife a lieu, où Caycedo est nommé professeur de l’université de Pernambouc.

Il y fait la Déclaration des Valeurs de l’Homme, ou Déclaration de Recife, et inaugure la branche socio-prophylactique de la sophrologie. L'entraînement sophrologique est présent pour chaque individu ayant pour objectif de renforcer sa propre personnalité et le rendre plus responsable, hors de tout engagement politique ou religieux.

Dans la même année, a lieu l’inauguration de la sophrologie sociologique à Madrid, qu’il continuera d’exercer en Colombie pendant plusieurs années en séances collectives dans les milieux défavorisés.

C’est à ce moment que sont créés le 4ème degré de la relaxation dynamique, la sophrologie existentielle et le travail sur la conscience phénoménologique, proche des états de méditation.

En 1985, Alfonso Caycedo est invité aux journées de La Salpêtrière, et présente le 4ème degré de relaxation dynamique. Les divergences sont reconnues entre Caycedo et les sophrologues qui prennent en compte la dimension analytique de leur pratique. A partir de ce moment, deux courants sont créés : la sophrologie caycédienne et la sophrologie française.


*Ludwig Binswanger (1881/1966 Kreuzlingen, Suisse)

Dans la clinique fondée par son grand-père, Binswanger est psychiatre. Il correspond avec Freud mais s’éloigne de la psychanalyse pour créer la Daseinsanalyse, qui peut se traduire par analyse existentielle. Basée sur la phénoménologie de Heidegger en 1927, l’Être et le Temps, l’analyse existentielle procède par explicitation plutôt que par interprétation. A partir de 1960, Binswanger se rapprochera de la pensée du père de la philosophie phénoménologique : E. Husserl.

 

Contact

Emmanuelle Guillon, sophrologue qualifiée, vous accueille au sein de son cabinet situé à Wolfisheim dans le Bas-Rhin,  pour harmoniser votre équilibre physique et psychique.

En savoir plus

2, rue d'Oberhausbergen 67202 Wolfisheim